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1. Fête du Printemps d’Attac, le 30 avril 2015

La touselle est un blé ça tout le mond’ le sait

Un blé bien adapté aux sols de nos contrées

Pas besoin de round’up ni de tonnes d’engrais

La touselle est rustique nous dit le boulanger

James le boulanger qui fait gonfler son pain

Et comme l’amidon on se donne la main

De pays en pays des centaines de gens

Se présentent leurs graines et c’est là l’important

Pouvoir semer chez soi, arroser comme il faut

Récolter, engranger et peut-être échanger

Avec l’instituteur, le forgeron d’en haut

Le tailleur, le coiffeur, à chacun son métier

En se donnant des règles pour la communauté

En choisissant celui ou celle qui délégué

Ira voir les voisins et reviendra nous dire

Ce que par l’assemblée, il faudra réfléchir

Et chaque territoire de cette belle Terre

Serait ainsi géré…et tu rêves mémère !

je formule à nouveau ce souhait éternel

D’un grand nombre de gens plantés dans le réel

Qui dans leur pavillon font avec leurs voisins

Des fêtes de quartier pourquoi pas des bulletins

Des votes, des assemblées, des lois, une monnaie

Tout ça pour déserter, quitter, abandonner

Le navire amiral barré à la City

Par de gros financiers munis de parapluie

Qui règlent le climat à coup d’investiss’ments

Ils soutiennent BP et les gaz de schiste

Financent assurément nanotechnologistes

Biotechnologistes, forreurs et tronçonneurs

Planteurs aux doigts palmés, usines et exploiteurs

Tout jusqu’aux mercenaires qui gardent les boutiques

Jusqu’aux publicitaires et les clips qu’ils fabriquent

Ne sommes-nous pas heureux avec toutes ces merveilles ?

A faire notre footing dans un slip aéré

Plein de nano partout avec dans les oreilles

L’écouteur donneur d’ordre oh la douce mélopée

Surtout qu’à la télé ils ont dit qu’on pouvait

Continuer, siroter, balancer, somnoler

Le climat change c’est vrai, mais tout est contrôlé

La banquise fond c’est vrai mais on est rassuré

on n’manquera jamais d’eau tant que vivra Nestlé

l’Amazonie se meurt mais on est rassuré

nos vaches sont bien nourries Monsanto veille au grain

tous ces gens de Davos, les banquiers de Wall Street

savent mener la barque, connaissent le chemin

suivons-les gentiment, ils connaissent la suite

là, ça va rapporter, là, faut abandonner

là ça se vend moins bien oh ils n’achètent plus rien

ben qu’est-ce qui leur arrive ? mais que font ces benêts ?

ils consomment local ! parlent à leurs producteurs ?

mais ça pas la tête ! qu’est-ce que c’est qu’ces farceurs !

ils battent leurs monnaies ? ils veulent être autonomes ?

manger leur propre blé ? qu’est-ce que c’est que ces hommes ?

ils isolent leur maison, mettent des panneaux solaires

se déplacent à plusieurs, rejettent le nucléaire

ingurgitent moins de viande, élèvent les animaux

dans des champs et des bois, cultivent les végétaux

sur des buttes permanentes

élèvent leurs enfants sans télé sans reeboock

n’envoient jamais de tweet et vivent sans facebook

vont reporter leurs jouets à la ressourcerie

se rendent des services, échangent des grains de sel

ils payent leurs impôts, aiment les services publics

même si la poste ceci et l’école n’est pas telle

telle qu’il la faudrait pour fabriquer le monde

l’autre monde possible l’autre monde possible

 

2. Lancement de la touselle, 6 octobre 2013

Je m’en vais vous conter, en agençant les sons

Un peu comme Frédéric, et Bosqué et Lordon

Comment dans le Comminges, au pied des Pyrénées

Nous est venue l’idée de battre la monnaie

Tout d’abord il faut dire qu’on en avait assez

Dans ce pays de France soi-disant fortuné

Qu’on nous dise sans cesse et pour de beaux projets

Désolé, braves gens, mais il n’y a pas d’argent

Quoi ? qu’entends-je ?n’ai-je pas la berlue ?

Rien pour l’éducation, la santé, nos fabriques ?

Et pour quelques élites toujours tant et plus

Ici on désespère, là on se gave en fric

Quel est ce monde absurde ? comment le transformer ?

C’est alors qu’on apprend qu’un peu partout au monde

Sur tous les continents, il se crée des monnaies

Tout près de nous aussi, dans des villes à la ronde

On explique tout ça ; nous voilà donc partis

Du côté de Montbrun, là-bas près du Volvestre

Rencontrer une reine, la reine des abeilles

Monnaie de Villeneuve, et le roi des violettes

Frédéric Bosqué, co-fondateur du sol-eil

Par une petite histoire, il entre en la matière

Soit deux petits poissons nageant en haute mer

Qui tombent sur un vieux, tranquille, qui leur dit:

« alors les p’tits gars comment va l’eau, aujourd’hui ? »

Et les freluquets interdits : « ben, c’est quoi l’eau ? »

Alors on a compris, comme les merlans frits

qu’il est l’heure vraiment, du cours d’économie

dans les premières banques, les marchands déposaient

la recette du mois en un petit coffret

ils avaient un reçu, une sorte de billet

qui petit à petit s’est mis à circuler

on pouvait se payer avec ce bout de papier

car il correspondait à ce petit coffret

au début les banquiers, comptaient ce qu’ils prêtaient

et ne prêtaient en fait que l’argent qu’ils avaient

puis se sont aperçus qu’ils pouvaient même prêter

deux fois ce même argent car il était bien rare

que le marchand demande à revoir son avoir

et c’est ainsi eh oui qu’on date le début

d’un jeu de casino dont nous ne voulons plus

de créances en crédits en assurances truquées

de CDS pourris en produits dérivés

nos grands cerveaux français, fruits de Polytechnique

on inventé le pire pour aspirer le fric

et quand dans nos campagnes, une petite usine

utile au recyclage de vêtements usés

demande quelques sous à ces fameux banquiers

on ne trouve personne, tout l’monde est occupé

à surveiller les cours et le gain escompté

alors il est grand temps de ne plus soutenir

ces banques, ces assurances qui saignent nos contrées

qui aspirent notre sang pour aller abreuver

d’indignes industries et d’impurs empires

je salue au passage le grand Victor Hugo

pour qu’il souffle sur eux les plus grands châtiments

alors que pouvons-nous, misérables fourmis

avec nos quelques sous, petites économies

eh bien nous pouvons faire à nos centaines d’euros

une belle opération qui les rendra plus beaux

il faudra les nantir contre de belles touselles

et les faire circuler de label en label

un producteur local deviendra prestataire

d’abord s’il le désire et s’il n’emploie plus guère

tous ces produits fâcheux et ces mauvaises manières

qui ont pourri le monde et la planète Terre.

(Corinne Lemarignier)

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